La Réunionite | Stagiaire Dans La Com'
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La réunionite

La réunionite

J’adore mon équipe. Elle est absolument géniale, motivée, sympa. Mais hélas, elle est aussi gravement malade. Oui, mes collègues sont atteints d’une maladie chronique très répandue en agence de com : la réunionite aigüe.

 

Les premiers signes

 

Les symptômes peuvent aller du simple « point » à la grosse réu prévue à l’avance sur un projet colossal. Oui, point, réu, brainstorming… Les dénominations de la pathologie sont nombreuses. Mais les conséquences sont les mêmes.

Que je vous explique la gravité de la situation : une réunion, en soi, c’est anodin. Comme une cigarette, ou un épisode de série sur Netflix. Mais comme toutes ces choses, cela cache en réalité un cercle vicieux : une réunion en entraîne une autre.

 

Prenons un exemple : le lundi. (Généralement, c’est en début ou en fin de semaine que les symptômes se manifestent le plus brutalement.) La journée commence par l’habituel point hebdomadaire sur l’avancement des projets. Jusqu’ici, rien de grave. On accorde nos violons, on est informé des nouvelles tâches à faire, on valide les projets terminés. Je regarde ma to-do list : je vais être occupée cette semaine. Il va falloir avancer.

 

Et soudain… c’est le drame

 

C’est là que la spirale infernale commence. Lors de ce point, on aborde un client qui a donné de nouvelles informations. On propose de planifier un point en fin de matinée pour en parler. Qu’à cela ne tienne : je travaillerai sur le reste cet après-midi.

Que nenni ! Revenue à mon bureau, je découvre une notification sur Skype : « on peut se voir cet aprèm pour le projet machin ? »

Pas de problème, évidemment. Je réponds par l’affirmative, puis m’attèle enfin à ma première tâche. Quelques minutes plus tard seulement, on me rappelle à l’ordre : « c’est la réunion pour le client truc, t’avais oublié ? ». Ah oui, effectivement, l’horaire était noté dans un coin de mon cahier… Rebelote, donc. Je me lève de ma chaise qui n’a même pas eu le temps de tiédir et je suis mes acolytes jusqu’à la grande salle de réunion.

 

Des réunions, encore des réunions

 

Les heures passent, les « réu » s’enchaînent et la névrose s’amplifie : pour me briefer sur un contenu à faire, le chargé de projet tient à ce qu’on se déplace dans une salle, là où on aurait pu en discuter sur un coin de bureau. Problème : toutes les salles de réunion sont prises.

C’est plus grave que ce que je ne pensais : l’agence entière est contaminée. On décide de se débrouiller, mais la frustration se lit sur le visage de mon interlocuteur. Le manque se fait clairement ressentir.

Le dernier point prévu à l’improviste se prolonge, les 5 premières minutes de la réunion ayant plutôt servi à décompresser des rendez-vous précédents. L’heure tourne, je vois ma journée se terminer telle qu’elle a commencé : dans une salle de réunion.

 

Une journée très productive…

 

Le soir venu, je regarde à nouveau ma liste : rien n’a été fait. J’ai ce sentiment très désagréable de ne pas avoir avancé de la journée. Simplement d’avoir fait du sur-place, ou plutôt des allers-retours entre mon bureau et les différentes salles de réunion. Tant pis, tout ça n’est que partie remise. Je regarde dans mon agenda : trois réunions sont déjà prévues pour demain…

 

Cette maladie est-elle incurable ? On ne sait pas trop. Mais une chose est sûre : un sevrage trop brutal provoquerait la panique dans l’open-space. Les employés déambuleraient sûrement dans tous les sens, sans savoir quoi faire, criant et courant comme des dératés, tels des Sims désœuvrés. Et personne ne veut ça, évidemment. Alors les réunions, oui, mais à petite dose !