Digital Native VS Immigrant | Stagiaire Dans La Com
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Digital : Native VS Immigrant

Digital : Native VS Immigrant

“Cette génération qui ne sait pas vivre sans Internet”.

“Les jeunes, toujours scotchés à leurs téléphones”.

“Rien qu’une jeunesse fainéante, qui ne connaît pas le goût du travail”.

 

“Les jeunes, comme vous nous appelez, ont seulement détecté le potentiel du digital avant vous. D’ailleurs, comment nous, “les jeunes”, devons-nous vous appeler ? Ne m’obligez pas à répondre.

 

Au final, je n’aurai qu’une seule vraie question : pourquoi créer un clivage entre “les jeunes” et vous ? Pourquoi ne pas en profiter ? Certains ont très vite identifier les avantages de travailler avec nous. On les appelle dans le langage courant : les agences de com.

 

Alors, on devient stagiaire dans la com.

Et, on met à profit nos compétences et nos connaissances, que l’on justifie avec une école supérieure privée hors de prix, alors qu’entre nous, on sait tous qu’on vient de la mystérieuse communauté des autodidactes.

 

Ma grand-mère s’est offert une tablette, il y a peu de temps. Elle se connecte sur Facebook une fois par jour, si ce n’est plus. Je ne vous cache pas que je suis fière de lui avoir montré que, grâce à Internet, elle peut avoir accès aux photos de ces petits enfants chaque jour. Et, na !

Dans le jargon de la communication et du web, on appelle cette génération, les Digital Natives.

Ce sont ceux qui sont nés avec un écran d’ordinateur devant les yeux, qui n’ont connu que l’Iphone et le Mac, qui sont nés avec un smartphone implanté au bout du bras. Les enfants à venir sont déjà inscrits sur Instagram avant même d’avoir pris leur première bouffée d’air. Quelle société horrible, n’est-ce pas ? Je vous entends de loin vous offusquer. Mais très chères vieilles générations, sachez que le marché du travail a besoin de nous. Regardez-les. Ils ont déjà tous au moins une, voire deux compétences en communication web ou en informatique sur leur CV, alors qu’ils n’ont même pas 12 ans.

 

Et vous, chère génération X ?

Vous êtes des Digital Immigrants. Vous avez dû, plus ou moins bien, vous adapter à cet OVNI qu’est le web. Vous l’apprenez chaque jour, parce que vous n’avez plus le choix. Internet est peut-être l’avenir. Ce qui est sûr, c’est qu’il est le présent. Alors, vous vous procurez un smartphone. Vous ouvrez un compte Facebook. Puis un compte Twitter. Mais vous n’y allez jamais, car vous n’y comprenez rien. Alors, vous quémandez un compte Instagram à vos enfants. Sachez que si vous êtes fiers de votre profil Facebook, vos ados ont déserté les lieux depuis longtemps. Out. Et quand vous ouvrirez votre compte Instagram, ils auront déjà effacé l’application au profit de Snapchat.

 

Nous avons des kilomètres d’avance sur vous, sur tout. Nous sommes réactifs, nous avons du talent, nous avons du flair. Nous sommes tous, au fond de nous, des communicants du digital. La différence ? Certains font bien leur travail, d’autres non.

J’ai la petite vingtaine. Je suis de la génération Y, limitrophe de la génération Z, à quelques mois près seulement. Je suis stagiaire dans la com. Je suis une Digital Native. Et je n’ai pas honte d’en être une. Je n’ai pas honte d’avoir un smartphone, d’avoir un compte Instagram, d’utiliser Snapchat, de regarder des vidéos de Youtubeurs et de suivre des dizaines influenceurs. Être Digital Native fait partie de notre quotidien, voire même plus, cela fait partie de nous. Quoi que nous en disions, c’est inscrit dans nos gênes, c’est notre ADN.

Nous sommes nés Digital Native, comme nous sommes nés avec un nom de famille, avec une couleur de cheveux ou d’yeux. Que les générations précédentes le veuillent ou non, le digital fait partie de notre culture, de notre société. Il y a du bien, il y a du mal. Comme dans toutes les autres choses qui la constituent, qui nous constituent, qui constituent notre vie, notre monde.

 

Pour me rendre sur mon lieu de stage, je suis entrée dans un ascenseur. Nous étions trois. J’étais à coup sûr la plus jeune. Un homme et une femme m’accompagnaient.

“Bonjour.”

Poliment, j’éteins mon téléphone et le range dans mon sac. Ils n’en n’ont rien fait. Je ne saurai vous donner la couleur de leurs yeux, je ne les ai pas vu. Et, je doute fort qu’ils puissent vous dire si j’étais rousse ou blonde ou si je portais un t-shirt blanc ou noir. Les portes s’ouvrent.

“Au revoir.”

Pas un regard, pas un sourire. Leurs doigts pianotent sur leurs téléphones portables. Je ris intérieurement. Je me suis bien foutue d’eux. Eux, qui, il y a quelques années, blâmaient l’ère du digital et l’emprise d’internet sur la vie des jeunes.

 

Digital Immigrant, va !