Je ne suis plus stagiaire dans la com | Stagiaire Dans La Com
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Je ne suis plus stagiaire dans la com

Je ne suis plus stagiaire dans la com

Le stage en agence est certainement une des expériences professionnelles les plus incroyables en tant qu’étudiant. J’achève aujourd’hui ma 4ème année d’études. Du haut de mes 22 ans, je ne me sens pas si adulte que ça. Je me sens plus vulnérable qu’autre chose. En effet, derrière moi je laisse une énorme partie de ma vie : l’agence.

Pourtant, il y a quelques semaines encore j’étais si fière de moi, si sûre de mon choix, bien que difficile à faire. Après 4 ans d’études, 4 ans de stages, 4 ans d’agence, mon coeur a décidé d’aller voir ailleurs. Je franchis le fameux cap, je pars de l’autre côté de la rive : je ferai désormais partie de la team “annonceur”.

 

On me dit souvent qu’il est plus facile de passer de l’agence à l’annonceur, plutôt que l’inverse. En réalité, le plus compliqué reste de quitter l’agence. Tout simplement. Car l’agence n’est pas un lieu de travail, c’est bien plus que ça. L’agence est une famille. Sous ses airs nunuches, cette phrase est lourde de sens. Une famille est un clan, un groupe de personnes qui sont amenés à cohabiter au quotidien qu’ils le veulent ou non. L’agence, c’est tout pareil. On doit se supporter, on apprend à se détester, puis à s’aimer. On se hurle dessus, puis on se prend dans les bras. On danse ensemble et on se hait à la fois.

L’agence est une jungle.

Quand j’y ai été plongée, je n’avais que 18 ans. A peine majeure, je me souviens encore des éclats de rire et des éclats de colère. Les relations que je découvrais m’étaient complètement inconnues. Ce n’était pas de l’amour, ce n’était pas de l’amitié, ni même de la haine. Il y a comme une tension forte entre tous ces gens qui travaillaient ensemble 5 jours sur 7, un lien inexplicable, une relation incompréhensible.

L’agence est un terrain de jeu.

Jongler entre 18 secteurs d’activité en une seule semaine, appartenir à un pôle, faire des brainstormings. Tout cela est l’essence même de l’organisation en agence. Je n’ai jamais connu autre chose. J’ai peur. J’angoisse.

On dit souvent qu’il y a des profils-agence et des profils-annonceur. “Elle n’est pas faite pour travailler en agence celle-là”. “Il s’ennuie chez l’annonceur, il ferait mieux de bosser en agence.” J’aime l’agence de tout mon coeur. Mais j’ai besoin de savoir qui je suis, de connaître mon vrai profil. L’agence m’a fatiguée, elle m’a usée. Elle m’a même souvent fait pleurer. Est-ce l’agence ? Est-ce la vie professionnelle ? Est-ce la difficulté des études mêlée à l’entrée dans la vie active ? Peut-être un mélange de tout cela… Ce dont je suis sûre, c’est que l’agence m’a aidé à me découvrir, je ne suis définitivement pas une suiveuse. J’en ai dans le ventre et je veux bien plus que l’agence. Je veux entreprendre.

Maintenant, vous savez tout.

Non, je ne te quitte pas très chère agence. Non, je ne pars pas vers le camp ennemi. Je pars me chercher. Je reviendrai peut-être. Ou peut-être pas. Priez pour que je ne revienne jamais. Non pas parce que je ne t’aime plus ma chère, mais parce que je veux savoir de quoi je suis capable.

A l’agence, je lui dis merci. Merci de m’avoir accueillie, merci de m’avoir élevée, merci de m’avoir fait pleurer, merci de m’avoir fait grandir. Je suis entrée ici jeune et inconsciente, j’en sors avec un projet audacieux. Merci de m’avoir fait comprendre ce qu’était la vie, de m’avoir abandonnée quand il le fallait, de m’avoir rendue plus forte, de m’avoir soulevée quand j’en avais besoin, de m’avoir comprise. Merci de m’avoir donné des coups, merci de m’avoir appris à encaisser. Merci de ne m’avoir jamais jugé, de m’avoir acceptée et de m’avoir fait confiance.

Lundi, à 17h30, je ne serai définitivement plus stagiaire dans la com. Ce lundi, je dis au-revoir à l’agence. A mes collègues. A mon quotidien. A mon confort. Au-revoir aux moments heureux et difficiles. Je tourne la page, c’est terminé. Mais, je dis surtout au-revoir à ma famille.

J’ai peur de me lever machinalement mardi matin pour venir à l’agence. Mais non, pas cette fois-ci.

 

À mes chatons, 

avec qui j’ai toujours été trop dure, mais que j’aime (presque) autant que les galettes de riz.